Créer sa boutique en ligne : mode d’emploi

La France compte plus de 138 000 sites marchands actifs et près de 34 millions d’acheteurs en ligne, pour un total de ventes qui culmine à plus de 51 milliards d’euros par an*. Un vaste marché qui a de quoi attirer les professionnels installés ou ceux qui souhaitent se lancer. Un site de e-commerce (ou commerce en ligne) permet de toucher une large clientèle, 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24, avec des frais bien moindres qu’un magasin physique. Mais ouvrir une boutique en ligne demande de la préparation. Quel type de site faut-il privilégier ? Qui peut le créer ? Quelles sont les mentions obligatoires à y faire figurer ? Tour d’horizon des questions à se poser, avant de se lancer.

Quel type de site choisir ?

En fonction de différents critères, comme la clientèle visée (vente entre professionnels ou « BtoB », vente aux particuliers ou « BtoC »…), le budget ou encore le temps disponible, plusieurs solutions s’offrent à vous en matière de présence sur le net. Vous pouvez opter par exemple pour :

  • une véritable boutique en ligne, ou site marchand, accessible à tous et qui permet aux clients d’acheter et de payer directement sur Internet ;
  • un extranet pour vos clients, c’est-à-dire un site à accès sécurisé, réservé à vos clients, avec possibilité de présenter votre catalogue, vos offres commerciales et de prendre des commandes ;
  • un simple site « vitrine », qui présente les différents produits ou prestations proposés, sans possibilité d’acheter en ligne ;
  • une simple page sur un réseau social type Facebook pour promouvoir vos produits ou prestations. Il est bien sûr possible de combiner une boutique en ligne ou un site vitrine avec une présence sur les réseaux sociaux.

 

Quelle solution pour la création de votre boutique ?

Si vous voulez ouvrir un site marchand, trois grands types de solutions s’offrent à vous :

  • l’utilisation d’une plateforme de vente existante, où il est possible d’ouvrir un compte professionnel, comme eBay, Amazon Marketplace ou PriceMinister ;
  • la location d’une solution e-commerce hébergée « clé en main », appelée également « SaaS » (« software as a service »), auprès d’un prestataire spécialisé ;
  • la création d’un site de A à Z, entièrement personnalisé, réalisé par un développeur ou une agence web. Il est également possible de créer votre site avec un système de gestion de contenu (ou CMS) open source (dont le code source est mis à disposition du public). Mais cette option nécessite des connaissances techniques et de gérer l’hébergement de votre site.

 

Quelles précautions prendre si vous faites appel à un prestataire ?

Comme le rappelle la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) : « La création d’un site est une étape très technique. Il peut donc être utile de recourir à un professionnel qui maîtrisera la réalisation et la mise en ligne du site. » Cependant, si vous choisissez de passer par un prestataire, certaines précautions sont nécessaires. Assurez-vous ainsi de garder la maîtrise de l’animation et de la mise à jour de votre site, sans devoir passer constamment par un intermédiaire. Attention également aux droits d’auteur. « La conception du site web ainsi que les éléments contribuant à cette conception sont reconnues comme étant des œuvres de l’esprit protégées par le droit d’auteur », insiste la DGCCRF. « C’est donc le prestataire lui-même qui est titulaire de ces droits de propriété intellectuelle, à moins qu’il en soit convenu autrement dans un contrat écrit. » Il vaut mieux demander au professionnel une cession des droits d’auteur, dès la conclusion du contrat, de préférence sur l’ensemble du site et pour une durée indéterminée.

Quel nom donner à votre site ?

L’achat d’un nom de domaine se fait par le biais d’un bureau d’enregistrement. Vous pouvez également consulter l’outil de recherche de disponibilité de nom de domaine proposé par l’Association française pour le nommage Internet en coopération (Afnic). « A minima, il est recommandé de déposer le nom de domaine choisi dans l’extension nationale du pays visé (un nom de domaine en .fr pour la France) et en .com (extension générique) », conseille l’Afnic. Veillez à ce que vous soyez bien le contact associé à votre nom de domaine, notamment si celui-ci a été acheté pour vous par un prestataire. « A défaut, le nom de domaine ne vous appartiendrait pas », met en garde la DGCCRF. « Pire encore, le prestataire pourrait vous réclamer de l’argent pour vous revendre votre propre nom de domaine. »

Faut-il vous déclarer à la CNIL ?

Les sites de e-commerce doivent généralement faire une déclaration auprès de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL), en raison du traitement de données personnelles liées au fichier clients. La CNIL parle de « norme simplifiée n°48 », concernant les « fichiers clients-prospects et vente en ligne ». De même, si votre site dépose ou lit des « cookies » (des « traceurs » déposés et / ou lus lors de la consultation d’un site) sur l’ordinateur des internautes, vous avez l’obligation de les informer de la finalité des cookies, d’obtenir leur consentement et de leur fournir un moyen de les refuser. La durée de validité de ce consentement est de 13 mois maximum.

Quelles mentions doivent apparaître obligatoirement sur votre site ?

Les mentions légales à faire apparaître sur votre site sont :

  • la raison sociale, la forme juridique, l’adresse de l’établissement ou du siège social et le montant du capital social pour une société ou bien votre nom, votre prénom et votre domicile si vous êtes entrepreneur individuel ;
  • une adresse mail et un numéro de téléphone ;
  • le nom du responsable de la publication ;
  • le numéro d’inscription au registre et du commerce et des sociétés (RCS)  et le numéro de TVA intracommunautaire ;
  • les coordonnées de l’hébergeur du site ;
  • les conditions générales de vente (CGV) : prix en euros TTC, frais et délais de livraison, modalités de paiement, droit de rétractation… ;
  • le numéro de déclaration simplifiée CNIL ;
  • les éventuels éléments spécifiques selon votre statut (numéro d’inscription au répertoire des métiers pour une activité artisanale, règles professionnelles pour les professions réglementées…).

 

Quelle solution de paiement proposer ?

Il existe de nombreux moyens de paiement que vous pouvez proposer à vos clients, en fonction de vos produits ou prestations (prix, caractéristiques), ou de votre zone de chalandise par exemple. Si vous visez l’international, vous pouvez opter pour les modes de règlement fréquemment utilisés dans les pays concernés. Ainsi, les consommateurs allemands apprécient le paiement sur facture ou par prélèvement, les Italiens le contre-remboursement. L’essentiel reste de proposer des solutions simples et rassurantes, avec une sécurité maximale et en minimisant les risques de fraude. Il est bien entendu possible de cumuler différentes solutions de paiement, par exemple :

  •     la carte bancaire ;
  •     le chèque ;
  •     le virement bancaire ou postal ;
  •     les porte-monnaie virtuels, type Paypal ou Paylib ;
  •     les solutions de paiement par audiotel ou SMS ;
  •     les cartes prépayées ;
  •     les cartes privatives ;
  •     le prélèvement…

 

Quel traitement fiscal pour votre site ?

Si votre site a été créé par un prestataire, il constitue « un élément de l’actif immobilisé de votre entreprise », explique la DGCCRF. « Les dépenses liées à cette acquisition doivent être comptabilisées dans un poste d’immobilisations incorporelles et amorties sur une durée qui ne doit pas dépasser cinq ans. » Sauf à opter pour le régime de l’amortissement exceptionnel sur douze mois. En revanche, si vous avez créé vous-même votre boutique en ligne, « les dépenses correspondant à la phase de développement et de production du site peuvent être inscrites à l’actif de l’entreprise ». A condition de respecter certains critères : capacité d’utiliser ou de vendre le site, création d’avantages économiques futurs, ressources techniques suffisantes pour assurer la création du site…


* Source : Fédération e-commerce et vente à distance (Fevad) * Source : Economie.gouv.fr

Commerce électronique inter-entreprises : près d’un quart des ventes d’ici 2020

Une étude sur la « Transition numérique et commerce BtoB », détaillée lors de la 10e édition des Rendez-Vous du Commerce à Bercy, révèle que les transactions électroniques entre les entreprises atteignent déjà 18 % du montant total des ventes en 2015. Elles devraient représenter près d’un quart en 2020.

Retour sur la 10e édition des Rendez-Vous du Commerce, consacrée à la restitution d’une étude sur le thème de la transition numérique dans le commerce inter-entreprises.

Des achats numériques de plus en plus nombreux

L’étude a été réalisée par le cabinet d’études Next Content, en collaboration avec le Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (CREDOC), et avec le soutien financier de la DGE. Elle met en perspective la transition numérique du commerce inter-entreprises (BtoB), en s’appuyant sur les résultats d’une enquête menée aux mois de juin et juillet 2015 auprès de distributeurs BtoB dans 8 secteurs, tels que les fournitures et équipements de bureau, pour la construction, ou pour les cafés, hôtels, restaurants.
L’étude relève que les commandes électroniques inter-entreprises (BtoB) connaîtront plus de 30 % de croissance d’ici 2020. Elles atteignent déjà 18 % du montant total des ventes en 2015. Le secteur du voyage d’affaires est celui où la part du commerce électronique est la plus élevée (53 %) devant les fournitures de bureau (33 %), puis l’informatique (30 %). Ainsi, hors voyages d’affaires, le poids du e-commerce dans le total des ventes est de 11 %. Les transactions électroniques inter-entreprises (depuis un site e-commerce ou depuis des solutions numériques personnalisées) pourraient atteindre près du quart des ventes à l’horizon 2020. Les projections de croissance pour l’e-commerce BtoB s’expliquent par un important effet d’offre (mise en place ou amélioration des services e-commerce), l’accélération de la transition numérique chez les plus grands distributeurs et l’arrivée de nouveaux modèles numériques, notamment les places de marché BtoB, comme cela est par exemple déjà le cas dans la distribution de pneumatiques auprès des professionnels de la réparation automobile. Le renouvellement des générations et les évolutions en cours dans les achats (plus grande informatisation, centralisation et rationalisation des achats) devraient également contribuer à développer des pratiques d’achats en faveur des achats numériques.

Améliorer le service et fidéliser les clients

La tendance qui se dessine est à l’accélération et l’ouverture des approches e-commerce. De plus en plus, le numérique, et l’e-commerce en particulier, deviennent un levier de conquête et d’acquisition pour des distributeurs dont le modèle commercial reposait essentiellement sur des forces de vente classiques. La moitié de ces acteurs font de l’e-commerce l’un de leurs chantiers numériques prioritaires pour 2015/2016.
Le choix de faire du web un canal de conquête et d’acquisition client devrait s’accompagner d’une augmentation du poids des investissements publicitaires sur Internet. Actuellement, en moyenne pondérée et hors budgets liés aux sites web et mobiles, il représente un peu moins de 10 % du total des dépenses marketing communication des distributeurs BtoB.

Centraliser les achats et mieux arbitrer entre les fournisseurs

Les places de marché (sites vendant plusieurs marques) challengent les modèles de distribution traditionnels. La transition numérique est également portée sur certains marchés par la montée en puissance de nouveaux modèles numériques d’intermédiation, et notamment des places de marché ou plates-formes d’approvisionnement spécialisées ou généralistes.
Ces plates-formes d’approvisionnement permettant de centraliser les achats et de mieux arbitrer entre les fournisseurs, rencontrent un bon écho chez les clients acheteurs qui cherchent de plus en plus à centraliser leurs achats sur un nombre réduit de fournisseurs. En conséquence, les distributeurs traditionnels pourraient réorganiser le lien avec leurs clients pour se recentrer sur des fonctions clés : l’approvisionnement, les achats (qualité de l’offre produits et positionnement prix) et la logistique.

Nacre, un prêt à taux zéro pour la création ou la reprise d’entreprise

Le dispositif Nacre est dédié à la création ou la reprise d’entreprise. Il permet un accompagnement individualisé et l’octroi d’un prêt à taux zéro. Quelles sont les modalités de l’aide ? Qui peut en bénéficier ? Qui contacter ? Explications.

Qu’est-ce que Nacre ?

Nouvel accompagnement pour la création et la reprise d’entreprise, Nacre est un dispositif d’Etat qui permet de bénéficier d’avances personnelles, sans intérêts, de 1 000 à 8 000 euros remboursables dans un délai maximum de 5 ans. Ce prêt permet de consolider les fonds propres de son entreprise. Il doit être couplé avec un prêt bancaire ou solidaire. Le plan de financement des projets individuels de création est plafonné à 75 000 euros. Les projets de reprise d’entreprise et les projets collectifs ne sont pas concernés par ce plafond. L’octroi du prêt à taux zéro nacre s’inscrit dans un parcours pendant les trois années qui suivront la création ou la reprise de l’entreprise. Cet appui technique et financier individualisé se déroule en trois phases, l’octroi du prêt intervenant dans la phase 2 :

  1. Aide au montage du projet de création de l’entreprise
  2. Appui au financement du projet
  3. Appui au démarrage et développement de l’entreprise

Qui peut en bénéficier ?

Peuvent bénéficier du parcours Nacre et du prêt à taux zéro les demandeurs d’emploi indemnisés ou non, les bénéficiaires de minima sociaux (RSA, API…), les personnes créant une entreprise au sein d’un quartier prioritaire ou les salariés repreneurs de leur entreprise…

Qui contacter ?

 

Le prêt est accordé par les opérateurs conventionnés du dispositif : DIRECCTE, missions locales, Chambres de commerce et d’industrie, plateformes d’initiatives locales, experts-comptables etc.. Ces mêmes opérateurs assurent l’accompagnement des créateurs ou repreneurs d’entreprise. Cet accompagnement est pris financièrement en charge par l’Etat. Dans le cas d’expertises particulières, une participation peut néanmoins être demandée.

Accélérateur PME : et si vous passiez à la vitesse supérieure ?

Le dispositif  « Accélérateur PME » vise à accompagner des dirigeants de petites et moyennes entreprises (PME) et à faire croître leurs entreprises pour devenir des entreprises de taille intermédiaire (ETI). Vous souhaitez franchir ce cap ? Voici les clés pour tout comprendre sur cet accompagnement.

Accélérateur PME : qu’est-ce que c’est ?

Accélérateur PME vise à faciliter l’émergence des nouveaux leaders de demain, en permettant à des PME prometteuses de devenir des entreprises de taille intermédiaire (ETI), une catégorie dont toutes les études ont montré le caractère décisif pour développer l’innovation, la croissance et l’emploi. Pourtant, les ETI sont insuffisamment représentées dans le tissu économique national, puisque, en 2011, elles totalisent 4 959 entreprises. C’est presque trois fois moins qu’en Allemagne (12 000) et deux fois moins qu’en Grande-Bretagne (10 000). L’accompagnement s’effectue durant 24 mois. Il s’agit d’une offre sur mesure au service des PME ayant une forte ambition de croissance. Durant cette période, les entreprises sélectionnées bénéficient :

  • De conseils précis et personnalisés, basés sur un « diagnostic 360° » réalisé par un partenaire de Bpifrance. Ce diagnostic est suivi d’un plan d’action sur les principaux axes de développement : choix stratégiques, organisation, performance industrielle, marketing, innovation, export, opportunités de fusions acquisitions… ;
  •     D’un accompagnement de la croissance externe ;
  •     D’un accompagnement export ;
  •     D’un parrainage grand groupe ;
  •     D’un accès à Bpifrance le Hub, permettant la mise en relation avec des entreprises innovantes ;
  •     D’une expertise technique et stratégique sur chaque filière ;
  •     D’un accompagnement individuel par un mentor ayant à son actif un changement d’échelle ;
  •     De séminaires collectifs afin de partager bonnes pratiques et expériences.

Pour ce faire, la direction générale des Entreprises (DGE), les Direccte, Bpifrance, Business France, l’Institut du mentorat entrepreneurial (IME) et Pacte PME mettent tous leurs services d’appui à disposition des entreprises sélectionnées.
69 PME ont été sélectionnées pour bénéficier du programme. À titre indicatif, l’entreprise médiane participant à la première promotion réalise environ 22 millions d’euros de chiffre d’affaires, est forte de 105 salariés et a connu une croissance de l’ordre de 34% au cours des trois dernières années !

Entreprises, portez-vous candidates ! Les conditions à remplir

Le programme a été proposé à des petites et moyennes entreprises (PME) présélectionnées par un jury de personnalités issues du monde économique au regard de critères de performance (performance passée, solidité financière, potentiel de croissance) parmi un vivier identifié par la direction générale des Entreprises (DGE) et Bpifrance.   Quel que soit la taille de votre PME, votre secteur (agriculture, industrie ou services) ou votre région, vous pouvez vous porter candidate. Votre PME doit afficher un chiffre d’affaires situé entre 10 et 40 millions d’euros et être indépendante de groupes de taille plus large.   La seconde promotion du dispositif sera sélectionnée à l’automne 2015. Tentez votre chance ! Pour ce faire, contactez votre correspondant habituel Direccte. Source : Bpifrance